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Lauréats et dictées de 2011

24 lauréats sur 228 candidats. Cette page reprend, pour chaque catégorie, la liste des candidats dont la copie ne comportait aucune faute, ainsi que le texte intégral de la dictée.

Cadets

1re, 2e et 3e secondaires · 7 lauréats sur 71 candidats

Lauréats de la catégorie cadet, par ordre alphabétique.
Nom et prénom Établissement
DE BACKER IrisAthénée royal Jean Absil
DEHON AchilleAthénée royal Jean Absil
FILIPOVIC NikolaAthénée des Pagodes
FOSTER Suraya MelakAthénée royal Jean Absil
GAZIONI FionaInstitut des Dames de Marie (rue Vergote)
GRUWÉ FrançoisAthénée des Pagodes
TIXHON FannyInstitut des Dames de Marie (rue Vergote)
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Réveil au bord de la mer

Le titre est donné par le jury ; il n’est pas pris en compte à la correction.

Wolf ouvre les yeux. Ce qu’il voit d'abord, c’est Lena endormie sur le canapé. Il la regarde un moment avant de fermer les yeux pour écouter. Le fond musical, c'est la mer ; viennent s’y ajouter un volet qu’un peu de vent fait grincer, les haut-parleurs qui ne diffusent plus qu'un très léger grésillement et au milieu de tout cela, doucement, la respiration de la jeune femme. Elle cache en dormant ses mains sous ses cheveux et d’un mouvement à l'autre, au rythme de la respiration, laisse passer un doigt, deux doigts entre les boucles foncées qui prennent des reflets cuivrés dans la lumière basse de la pièce.

DANNEMARK, Francis, Choses qu’on dit la nuit entre deux villes, [Bègles], Le Castor astral, 2006, p. 35.

Les formes entre parenthèses sont celles de l’orthographe rectifiée de 1990.

Juniors

4e, 5e et 6e secondaires · 2 lauréats sur 71 candidats

Lauréats de la catégorie junior, par ordre alphabétique.
Nom et prénom Établissement
DÖNMEZ GoncaISTI (Institut supérieur de traducteurs et interprètes)
VAN DIJK SarahAthénée Fernand Blum
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Au fil de l’eau

Le titre est donné par le jury ; il n’est pas pris en compte à la correction.

La nature seule continuait son petit bonhomme de chemin, parce que les civilisations hurlent quand les ruisseaux coulent, charriant leurs décombres pour les enfouir loin, loin de tout regard humain, loin de toute trace de civilisation, dans le grand cimetière légendaire des mondes disparus, l’antique nécropole des gloires et des bassesses humaines. L’oiseau qui y chantait ne chantait que pour lui-même et ses semblables, la gent et l’histoire humaines avaient manqué une marche, elles n’étaient plus dans le coup, elles s’étaient ramassées sur elles-mêmes comme une bête blessée qui, voulant lécher ses blessures, ne fait que les aggraver.

Je regardais couler ce ruisseau, je songeais à toutes ces futilités, et je n’aimais toujours pas l’eau. Jusqu’ici, le printemps n’avait pas produit beaucoup d’efforts, comme s’il sentait que, cette année-là, ce n’était pas la peine. Pour la première fois depuis longtemps, le soleil faisait ses gammes – et pourquoi pas, après tout, puisque aujourd’hui était jour de fête ?

ENGEL, Vincent, Oubliez Adam Weinberger, Paris, éd. Fayard, 2000, pp. 183-184.

Les formes entre parenthèses sont celles de l’orthographe rectifiée de 1990.

Adultes

Après le secondaire · 15 lauréats sur 86 candidats

Lauréats de la catégorie adulte, par ordre alphabétique.
Nom et prénom Commune Profession
BREUSE DanielTournai
CRUNEMBERG DominiqueCourt-Saint-Étienne
DE RIDDER DanielHellebecqprogrammeur
DEHESELLE DanielleMontegnée
DELBECQ FabriceTournaiemployé de bureau
DESCANS Claudine, épouse COUVREURBraine-le-Châteaurégente littéraire
DOPCHIE GwendolineBruxellesromaniste, responsable de la gestion administrative de l’a.s.b.l. Ephec Formation
KALINOWSKA Irène-MarieBruxelleshaute École de Bruxelles, Institut pédagogique Defré
LAMS ChristineHaut-Ittre
LESUISSE JacquesBraine-le-Comteretraité
PAULET AmandineAthcommerciale en assurances
PEETERS LucBruxellesinformaticien
SOULIÉ JulienLille (France)enseignant, verbicruciste
THOMAS ClaudeBruxellesretraité
VAN LIERDE Francine, épouse HAMELINCKfonctionnaire européenne retraitée
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De terre et de fer

Le titre est donné par le jury ; il n’est pas pris en compte à la correction.

J’aimais sa présence silencieuse. Parfois il me donnait rendez-vous en haut d’un terril qui surplombe la ville, le sentier était noir et dévoré par les ronces, j’arrivais à court d’haleine, il me disait : regarde. Sur ces hauteurs le ciel était ouaté de nuages roses et le vent plus frais et plus libre faisait frémir les bouleaux sauvages. En bas nous regardions la ville émerger de la brume avec ses encaissements de toits, ses cheminées d’usines, ses bretelles autoroutières, le pointillé argent de son cours d’eau canalisé. Un long temps nous demeurions sans rien dire puis nous redescendions l’un derrière l’autre, nos souliers pleins de gravillons noirs.

D’autres fois il m’attendait au cœur d’une galerie commerçante absolument déserte ou dans une station de métro qui n’avait de métro que le nom. Quelques rôdeurs et quelques voyageuses y laissaient traîner leur vacante beauté et l’on entendait piauler les trams au fond des galeries souterraines comme les crissements lointains de la mélancolie. Ressortis à l’air vif nous empruntions le promenoir qui longe le canal et traversions sans un mot l’interminable friche industrielle. L’eau brune écumait aux écluses, nous marchions dans le couloir noir de la Grande Industrie d’autrefois, toujours agonisante, secouée de soubresauts : vieilles aciéries à-demi closes, imbroglio de passerelles, pipe-lines, silos, clôtures, plates-formes oxydées, entrepôts couverts de suie (où pendaient des écriteaux hagards : Interdit aux pacemakers) tandis que la pince-araignée d’une grue extrayait du ventre d’une péniche un amas dégoulinant de ferrailles qu’elle déchargeait sous un hangar dans un bruit de dévalement métallique furieux et funeste qui déchirait l’air. Personne n’habitait ces rives sinistres hormis le batelier et le grutier qui nous regardaient sans nous voir depuis leur cabine de verre. Après le promenoir nous obliquions sur l’ancien chemin de halage puis pointions vers une immense tour de refroidissement, totalement désaffectée, mais dont l’espace intérieur vide (tel un gigantesque sarcophage, une cathédrale des temps indéfinis) était miraculeusement ouvert aux errants, aux glaneurs de sensations extrêmes et aux âmes perdues que nous étions.

Longtemps, moi qui ai pourtant l’esprit clair et me couche de bonne heure, je ne saisissais pas vraiment l’objet de ces rendez-vous étranges, expéditions entre chien et loup, pérégrinations à l’aube, longues stations debout sous le soleil de midi...

EMMANUEL, François, Petites pratiques de l’utopie, Namur, Institut du Patrimoine wallon, 2011, pp. 157-158.

Les formes entre parenthèses sont celles de l’orthographe rectifiée de 1990.

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